jeudi 17 juillet 2014

PARTENAIRES MÉMORABLES ET PERSONNAGES DE LÉGENDES

une sélection proposée par Mercedes, le 17 juillet 2014

Mentor ou modèles, les femmes représentent pour l’artiste un sujet extraordinaire et jamais épuisé. Couples d’anthologie le réalisateur et son actrice principale invente une relation unique. L’exploration de leurs rapports va offrir des chefs d’œuvres au cinéma et de magnifiques rôles de femmes aux actrices.
Personnages sous l’emprise de la passion, de l’obsession ou d’une angoisse dévorante, en quête d’une raison de vivre ou face aux épreuves de la vie, les femmes d’hier et d’aujourd’hui nous sont racontés à travers de grands rôles servis par des comédiennes inoubliables.

Galerie : 

LOULOU

Louise Brooks (Loulou) / G.W Pabst
Loulou, 1929  Cote :  791.43 PABS/3 

"La rencontre de Pabst et de Louise Brooks fut avant tout celle d'un chorégraphe et d'une danseuse, le film offrant l'aspect sur les plans visuel, littéraire et métaphysique, d'une danse d'amour et de mort […].Incarnation libertaire et anarchiste de l'amour fou et de la révolte sans compromis contre la société, féministe avant la lettre ou bien héroïne incandescente de mélodrame, victime des hommes et d'une morale en putréfaction, Loulou a survécu triomphalement à toutes les interprétations. […] "

MARGO CHANNING



Bette Davis (Margo Channing) / Joseph L. Mankiewitcz
All about Eve, 1950 Cote :  791.43 MANK/3 

      " Bette Davis comme beaucoup d’acteurs et d’actrices de sa génération a été en butte avec le star système et a dû se battre pour choisir des rôles qui l'intéressaient. Dans All about Eve, elle incarne Margo Channing rôle considéré comme le plus abouti et le plus talentueux de sa carrière. Bette Davis y donne une prestation inoubliable unanimement saluée par la critique et couronnée par une pluie de récompenses. » 
 

     KATHERINE JOYCE

Ingrid Bergman (Katherine Joyce ) / Roberto Rosselini
Voyage en Italie , 1954 Cote :  791.43 ROSS/2
    
" Ici, nouveauté partout. Forme, fond, jeu, photo, musique. Voyage en Italie est le premier film à prendre pour sujet un sentiment et ses variations. D’où la construction toute musicale de l’œuvre […] Voyage en Italie est le film d’un état d’âme, d’une difficulté d’être (à deux) qui deviennent finalement, par force des choses, la dignité d’être, purement et simplement. […] C’est le plus beau des films de Rossellini, qui a marqué une évolution importante du langage cinématographique. On a reproché au cinéaste d’avoir abandonné (depuis sa rencontre et son union avec Ingrid Bergman) le néoréalisme social. Le film montre pourtant, sans la moindre concession au romanesque et à la psychologie, l’itinéraire spirituel et moral d’Alexandre Joyce, homme d’affaires britannique, et de sa femme Katherine, venus en Italie pour recueillir un héritage."

ANNE GAUTHIER 

Anouk Aimée (Anne Gauthier) / Claude Lelouch
Un homme et une femme, 1966 Cote : 791.43 LELO/1 
"Un homme et une femme est l'excellence des histoires d'amour, l’histoire d'amour la plus célèbre dans l'histoire du cinéma français. Pour jouer la femme, Claude appelle plusieurs actrices en pleine nuit, toutes refusent soit par manque de confiance avec Claude (Romy Schneider) soit parce qu'elles ne sont pas libres (Annie Girardot). Claude pense alors à Anouk Aimé que connait bien Jean-Louis Trintignant. La comédienne qui joue souvent en Italie accepte. Le film obtiendra la Palme d'Or au Festival de Cannes en 1966, auquel a été ajouté l'année suivante, l'Oscar du meilleur film étranger."

MABEL LONGHETTI 

Gena Rowlands (Mabel Longhetti) / John Cassavettes
Une femme sous influence, 1974 Cote : 791.43 CASS/3
 

" Le cinéma de Cassavetes tire sa force de […] son obsession pour les comédiens, l’entière soumission de la caméra aux aléas du jeu. […] À ce titre, Une femme sous influence relève pour Cassavetes d’un degré d’implication plus personnel, en ce qu’il est principalement interprété par des membres de sa propre famille, alors même qu’il ouvre à vif la question du cocon familial et de l’enfermement. L’interprétation du film comme une autofiction est tentante, vu l’entremêlement de l’intrigue avec le tournage lui-même : Cassavetes et son épouse/actrice principale, hypothéquant leur maison pour financer le film, entretenant sur le tournage des rapports orageux... L’interprétation de Gena Rowlands est, bien sûr, au centre. Il est parfois difficile de qualifier sa névrose : tantôt un lâcher prise, une paranoïa, une anxiété chronique, mais aussi de touchants moments […].  Que ce soit dans l’enthousiasme ou la colère, Mabel est sans limites. Chaque brèche ouverte l’engage entièrement : elle se propulse, de tout son être, dans toutes les émotions qui la traversent, et perd à chaque fois le fil d’elle-même."
CONCHITA I ET II

Carole Bouquet, Angela Molina (Conchita I et II) / Luis Buñuel
Cet obscur objet du désir, 1977

Cotes : 791.43 BUNU/5  et  791.43 BUNU/6b

Marcel Oms, dans " Don Luis Buñuel" (éditions du Cerf, collection 7e art) : "   [...] Buñuel brouille encore plus les pistes [de la narration] en distribuant le rôle   de Conchita entre deux comédiennes aussi différentes que Carole Bouquet et Angela Molina […]. Quelles que soient les raisons de cette double distribution du rôle, la trouvaille relève du génie parce qu’elle atteint au cœur même du problème soulevé : la nature du désir. Le désir qui naît du manque ne connaît pas encore son objet véritable, et Mathieu verra se succéder d’une scène à l’autre deux images de son désir sans discerner l’identité véritable de Conchita. Or celle-ci n’a peut-être pas d’autre identité que celle conférée par l’imagination de l’homme […]."
     


     
     SUE

Anna Thompson (Sue) / Amos Kollek

Sue perdue dans Manhattan, 1998 791.43 KOLL/1
     " Ce film va permettre au public français de faire connaissance avec le cinéma d’Amos Kollek, mais aussi et surtout avec son envoûtante actrice. Le film pourtant difficile, témoin de la lente descente aux enfers de son héroïne, va rassembler un peu plus de 400 000 spectateurs à Paris. Il marque la première collaboration du tandem Amos Kollek-Anna Thomson et sera suivi de quatre autres projets. Elle est indissociable de la carrière du réalisateur, tant elle habite de manière hallucinée et avec tellement de naturel chacun des rôles de femme comme les autres et qui pourtant ne ressemble à personne. »

     NINA

Natalie Portman (Nina) / Daren Aronofsky

Black Swan, 2010 791.43 ARON/1
"Ce film époustouflant est l’histoire d’une naissance - celle d’une enfant qui devient femme - dans toute sa violence et sa beauté […]. Nina, dominée par sa mère, une ancienne ballerine sans gloire, Nina confrontée à ses frustrations, à son désir de perfection, Nina au corps blessé, à l’âme brisée, ouvrant la porte à ses démons : du haut de ses pointes,[…]
Dans cet enfer halluciné en forme de studio de répétition, Natalie Portman est bouleversante."

 LA FEMME    

Golshifteh Farahani (la femme) / Atiq Rahimi
Syngué sabour – pierre de patience, 2012 791.43 RAHI/1 
[…] le récit a des allures de fable. […] les personnages n'ont pas d'autre nom que la Femme et l'Homme, Adam et Eve crépusculaires. […] entre les quatre murs de la chambre, la voix et le visage de Golshifteh Farahani font merveille. Dévoilant les ambiguïtés de son personnage avec une douceur libératrice et déconcertante, elle porte ce rôle difficile entre tous jusqu'à une vérité qu'il semblait impossible d' atteindre, et, ancrant à elle seule la fable au coeur du réel, offre magnifiquement la naissance de sa parole libre, au crépuscule du monde qui lui imposait de se taire." 
« Syngué Sabour  parle d'amour, du corps des femmes, du plaisir, du mensonge, de la frustration, dans un pays où tout ce qui touche au sexe est tabou, mais où la prostitution prospère. On peut y voir mille choses mais surtout la dénonciation de l'intégrisme et des barbus, qui ne brisent pas que les femmes mais aussi les hommes, une population "opprimée sexuellement, religieusement, politiquement, culturellement, socialement…", dit Atiq Rahimi."