jeudi 8 mai 2014

FAIRE SON CINÉMA - ENTRE FICTION ET DOCUMENTAIRE

une sélection proposée par Mercedes, le jeudi 8 mai 2014


Part II. Mémoire de soi et morceaux choisis. 
Cette seconde sélection autour de l’alternative entre fiction et documentaire développe une autre facette de l’exposition de soi. Cette fois, par le procédé de la mise en abîme, le réalisateur scénarise sa propre histoire, ou les souvenirs qu’il en a, pour écrire un film, tourner sa vie ou construire son oeuvre. Il interprète parfois son propre rôle, ou choisit un alter-ego. Qu’il choisisse la forme réaliste du documentaire ou celle du cinéma d’auteur, sa principale référence n’est que lui-même. Dans l’élan de ses confessions c’est dans sa vie qu’il puise le matériau de son inspiration.


Maris et femmes / réal. Woody Allen, 1992

 Cote :791.43 ALLEN/10 

"D’une cruauté sans équivalent dans son cinéma, Maris et femmes est le Woody Allen le moins commode. Sa caméra désorientée court dans tous les sens pour faire oublier l’impensable : elle n’aime plus Mia Farrow. […]. On voudrait ne pas penser aux gros titres des tabloïds, oublier la réalité (c’était leur dernier film ensemble, ils allaient se séparer juste après le tournage), mais elle s’impose à nous plein cadre."



Les quatre cents coups / réal. François Truffaut,1959 
                                     
 
" Largement autobiographique, le film raconte l'enfance difficile d'Antoine Doinel, […]. Film phare de l’Histoire du cinéma, à sa sortie Les 400 Coups fit l’effet d’un chien dans un jeu de quilles. […] D’une certaine manière, Truffaut livre ici un film proche du cinéma-vérité, un quasi-documentaire sur la vie d’un adolescent dans les années 50 qui pourrait tout aussi bien être Truffaut que Léaud. Un alter ego nourri par une inspiration commune : Antoine Doinel doit en effet autant à l'un qu'à l'autre […]."

Valse avec Bachir / réal. Ari Folman, 2008

Cote : 791.43 FOLM/1
 
" Avant toute chose, Valse Avec Bachir est une quête, une enquête, celle d'un homme qui veut reconquérir sa mémoire, comprendre les actes qu'il a commis, qu'il a vu commettre alors qu'il était encore un gamin. […] L'une des principales qualités du film est sa croyance envers la puissance des images et leur pouvoir cathartique." 

Retour en Normandie / réal. Nicolas Philibert, 2006

Cote : 791.4 RETO   

" Ce qui rend si émouvant et si fascinant ce film est […] le croisement vertigineux entre fiction et documentaire, depuis le fait divers initial jusqu'au documentaire qui enquête sur sa transposition fictionnelle. […] Retour en Normandie est une psychanalyse à ciel ouvert conjuguée à un discours sur la méthode, un manifeste artistique allié à une chronique documentaire, un journal intime qui ne trouverait ses mots que dans la rencontre et le partage avec ceux qui en sont ordinairement privés." 

My little princess / réal. Eva Ionesco, 2010  

Cote : 791.43 IONE/1

" La réalisatrice de My Little Princess, retrace dans son film l'histoire de son enfance confisquée par sa mère photographe, qui, sur fond d'années 1970 permissives, l'immortalisait en mini femme fatale." 

Les plages d’Agnès / réal. Agnès Varda, 2008 

  Cote : 791.4 VARD/2

" Quand Varda filme ses souvenirs réels ou fantasmés, ce n’est jamais dans la demi-mesure. […] Varda ne théorise jamais mais permet aux spectateurs de rebondir vers ce que l’homme fabrique de ses souvenirs, comment il en fait du cinéma  […] Reconstituer, c’est un des fantasmes que poursuit le cinéma depuis un siècle, constituant une mémoire à force de fragments. Une mémoire plus qu’une archive, ce que certains cinéastes s’attellent à rappeler et qu’accompagne la crise de l’image journalistique : l’image n’est plus la preuve du réel, seulement du réalisme. Varda joue à l’autobiographe en mélangeant tranches de vies et de pellicules, […]»  

> Lien vers les Cahiers du cinéma  N°640, décembre 2008 p.35-36


Un voyageur / réal. Marcel Ophuls, 2013

 Cote : 791.4 OPHUM/1

" Dix-sept ans après son dernier film, Marcel Ophuls sort de sa retraite. A 85 ans, le grand réalisateur nous lègue ses mémoires audiovisuelles. Dans ce documentaire en forme d’autoportrait, il cherche à transmettre ce qu’a été son monde, à travers les lieux de sa vie et des images qui s’y rattachent. Nourri de nombreux extraits de films, "Un voyageur" passe de la farce à l'émotion avec l'élégance d'un homme qui a déjà vécu plusieurs vies."


La mauvaise éducation / réal. Pedro Almodovar, 2004


Cote : 791.43 ALMO/2

" Réalité, fantasme et fiction se mêlent allègrement dans cette histoire tantôt vécue par Ignacio et Enrique, tantôt rêvée, écrite par le premier, ou filmée par le second. […] L’impossibilité de se défaire du passé, son resurgissement irrépressible dans le présent, c’est le cœur même du récit, ici singulièrement creusé par les personnages : récit d'adulte mensonger, vrai récit d'enfance, vrai film mais basé sur une fausse réalité. On ne peut en effet que penser à Almodovar lorsque Enrique, le réalisateur, tente avec passion de mettre en image les blessures laissées par l’enfance violée, métaphore de  l'obscurantisme et à la répression des années 60en Espagne et de ses souvenirs d’adolescence chez les Franciscains." 


Devant la page blanche, l’auteur choisi parfois de s’exposer avec évidence, d’autre fois il s’affichera plus discrètement. Depuis de nombreuses années déjà, sous le terme d'autofiction, l'origine de l'oeuvre ou le mystère de l'inspiration a largement été commenté.
À ce sujet : 
  
> Lien vers :  Jenny, Laurent (2003). L'autofiction, Méthodes et problèmes. Genève: Dpt de français moderne

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